Set the bird free

J’ai essayé d’écrire comme ça. Écrire comme eux, bien comme il faut, singer d’autres styles, changer le mien pour mieux répondre à leurs attentes. Ce qu’ils attendent de moi, de nous, d’un auteur.

J’ai pu, je pourrais. Je savais que je pouvais et je l’ai fait. Quelques lignes, quelques pages et le dégoût. La colère. La rage. Parce qu’à la fin je peux, mais je ne veux pas ! Ce n’est pas moi, ce n’est pas vrai, je déteste ça.

Écrire comme ça, comme une autre que moi, me travestir, me dissimuler. C’est si surfait, si vain que ça m’en donne la nausée. Je ne veux pas, je ne dois pas. Ce serait retirer tout son sens à l’écriture. Parce qu’écrire a un sens ? Non ! Écrire n’a pas de sens et cela doit rester ainsi. Je veux continuer à écrire des non-sens. Je ne veux pas mimer, feindre ou prétendre. Je veux que les choses restent comme elles sont. La main comme prolongement de ma psyché. Un câble directement relié à mes tripes. Moi. Véritable. Authentique. Moi et mon style. Trop simple, simpliste. Pas assez sophistiqué, basique. Vide de style mais empli de sens. De sang. Celui de la rage.

À prendre ou probablement à laisser.

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Vous n’aurez pas mon vote

nilepennimacron

Je ne vote pas en pensant à mon propre intérêt. Je vote par conviction idéologique. Pour mon pays et ses enfants, je veux le meilleur pour eux. Je veux moins d’injustices, plus d’égalité. Je veux que les jeunes puissent recommencer à rêver à un avenir brillant, qu’il soit professionnel ou personnel. Je voudrais mettre fin à la domination des salariés par leurs employeurs, des citoyens par leurs représentants politiques, du peuple Français par l’Europe ultra-libérale, des travailleurs par les spéculateurs, des plus démunis par les ultra-riches. Je voudrais retrouver l’équilibre.

Je vis en Suisse aujourd’hui et demain probablement ailleurs. J’irais toujours où le vent me porte, je ne veux pas me sentir enfermée. Pourtant, je continue d’espérer le meilleur pour mon pays.

Jusqu’à ce dimanche, j’avais tant d’espoirs pour la France. De craintes aussi.

Mais ce dimanche, les Français m’ont encore déçu. Depuis le traumatisme de 2002, en passant par Sarkozy, je pensais ne plus pouvoir être blessée par les choix de mes concitoyens. J’avais admis qu’une partie de la population ne disposait pas des ressources intellectuelles suffisantes pour rêver leur futur ailleurs que dans la haine d’autrui et des différences. J’avais admis qu’une partie des Français voulaient protéger leur petit confort personnel sans comprendre que l’austérité et les tensions sociales leur nuiraient tout autant. Je m’étais armée de tolérance et pourtant, les Français ont encore réussi à me décevoir. 20% des Français ont choisi de donner leur voix à un escroc avéré et sans scrupules. C’est bien dans cette élection, la chose qui me paraît la plus incompréhensible.

Je pardonne aux électeurs du FN, j’ai admis qu’ils ne pouvaient comprendre que les raccourcis faciles. Les idéaux les plus nobles requièrent de pouvoir dominer son ressenti pour accéder à la pensée. Je peux tolérer les divergences idéologiques mais je ne peux pas comprendre que 20% des Français soient butés au point de maintenir leur choix sur un candidat qui les vole effrontément. Que se passe-t-il dans la tête de ces électeurs ? Décidément, plus je crois comprendre les électeurs Français, avec toutes les désillusions et amertume que cela implique, plus je suis perdue, désabusée, sans voix. Alors je prends la plume pour vous écrire ce que je voudrais vous crier.

Continuez de voter en pensant à protéger vos intérêts particuliers, continuez à manquer d’ambition pour notre pays, à taper sur les plus faibles pour ne pas mettre fin aux véritables inégalités, à maintenir au pouvoir une caste qui vous divise et vous vole.

Aujourd’hui, la colère a pris le pas sur la raison, mais je me tais.

Je me tairais encore le 7 mai prochain. Je ne vous donnerai pas ma voix et je vous regarderai à distance vous enfoncer dans votre obscurantisme. En silence, je vous souhaiterais ce que finalement vous méritez, à force d’égocentrisme, le FN au pouvoir et l’impact effroyable qu’il aura sur vos vies, pas la mienne.

Saga familiale

 

En guise de tentative d’explication à ma barjitude galopante, j’aimerais vous raconter un épisode de ma vie particulièrement traumatisant.

Celui-ci me revient en mémoire à l’approche des fêtes, alors que je me balade au rayon musique d’un grand magasin.

Mes parents ont toujours été de grands amateurs de bonne musique. Je parle de soul, de R’n’b, de zouk, de jazz, avec, éventuellement un soupçon de pop. J’ai grandi dans une famille où l’on danse (même mal), on chante, on claque des doigts et on doudidi doudada de bon cœur. Ma mère cuisinait en trémoussant son postérieur sur du James Brown et le pas de danse de mon père était à peu prés le plus ridicule de la galaxy. Mais, j’ai cependant eu la chance d’être épargnée par les Johnny, Cloclo et autres Aznavour. Rien que d’en parler d’ailleurs, j’en ai la nausée. Que dieu m’en protège !

En dehors de la maison, les trajets en voiture étaient une autre occasion d’écouter de la vraie musique. Lorsque je me faisais conduire à l’école, je me réjouissais de ce petit intermède musical, ainsi que de me soustraire au bus scolaire bondé de fans de Lara Fabian et branché en continu sur NRJ.

Mais un jour, il s’est produit un drame qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Je devais avoir 19-20 ans et j’avais quitté le nid familial pour poursuivre mes études à Grenoble. Je rentrais tout de même tous les weekends. Ma maison, mes parents, leur musique, tout paraissait immuable et cela me rassurait. Un weekend, donc, j’emprunte la voiture de mon père pour aller faire quelques achats en ville. Avant même de mettre le contact, avec délectation, je parcours le vide poche à la recherche d’un bon CD pour accompagner mon trajet. Compil’ calme, compil’ pop. Je souris. Ce sont les deux compilations de musique de jeun’s que j’ai offert à mon père pour l’aider à se mettre à la page.

Mais soudain, là, dans le vide poche de mon papa, se trouve un troisième CD. Et c’est… C’est… Un CD de Yannick Noah. Un poignard me transperce le cœur, je suis sous le choc. Pourquoi ? Papa, mais pourquoi as-tu fais ça ?

Mon père et moi n’avons jamais parlé de cet épouvantable traumatisme et à ce jour encore, m’habitent incompréhension, honte et désarrois.

Je dédie ce post à tous les enfants de fans de Johnny, Sardou, Hélène Segara, ainsi qu’à toutes les générations de demain, dont les parents se sont emballés sur du Jul.

Puisse votre curatrice vous lire ce post. Paix à vos oreilles ❤

Le saviez-vous ?

Savez-vous comment ma carrière d’écrivain a débuté ? Il y a de ça quatre ans, je débarquais en Suisse. Non pas avec un petit sac griffé Vuitton et une paire de Louboutins usées, comme le prétend la légende, mais avec un petit garçon griffé de partout et un petit ami usé jusqu’à la corde. Au commencement il y avait un blog, baptisé Fraulein Prune (Mademoiselle Prune en allemand). J’y racontais mes premiers pas en Suisse et mes expériences, professionnelles notamment. Mes collègues de travail ont découvert le dit blog et rapidement, chacun de mes articles était suivi de prés, animant les conversations à la pause de 10h.

La plupart d’entre vous le sait, ma première fan, c’est moi-même. Je ne résiste donc pas à la tentation de partager avec vous un de mes articles de l’époque. Parce que franchement, un tel niveau de débilité relève du génie.

Merci @Lutre pour m’avoir aidé à remettre la main sur mes vieilles âneries.

Avertissement : l’abus d’absinthe est dangereux pour la santé mentale, la vôtre et celle de ceux qui vous lisent.

fèe verte

Ouh la l’absinthe…

Tout a commencé dans une salle obscure, avec une présentation obscure dans une langue obscure. Les informations fusaient, les yeux tiraient, les estomacs criaient famine, les vessies appelaient à l’aide…

Au bout d’une heure, 35 minutes et 21 secondes le cauchemar prit fin pour laisser place à l’open bar…

Boulettes de viande, nems de poulet, tartines, soupes au vin…, ce fut une orgie de mets raffinés et colorés. Le vin coulait à flot et l’ambiance se réchauffait mais je restais sage et concentrée sur mon objectif : ne pas perdre ma virginité. On moquait la présentation de Bramwel, on comparait la taille de nos culs avec celui de Freaky Frank, on se jetait sur la bouffe, la serveuse nous jetaient des regards accusateurs, on s’en foutait on se jetait quand même sur la bouffe, on se brûlait, on s’en foutait on se rejetait sur la bouffe…

Rachel testa un nouveau truc de sa grand-mère, garder toujours un verre de jus d’orange prés de soi, mais ne pas le boire. Bien qu’étonnante, cette technique est efficace, Rachel a toujours sa virginité à l’heure où j’écris.

Vers 19h30, la soirée pris une nouvelle tournure quand nous décidâmes de nous rendre au bar à absinthe. Je pris biensûr soin de convier Hot-boss ainsi que d’oublier Marc qui était parti faire caca.

Dominique notre copain gay décidait de nous accompagner.

Nous arrivâmes au bar.

………………………………………………….

Elias ne nous a pas attendu, il est attablé avec d’autres, ils boivent de l’Absinthe.

On s’installe à une autre table, on commande de l’Absinthe, le serveur nous demande si on suce, on dit que oui, biensûr qu’on suce*, on double suce même, on n’est pas des pédés.

On boit, on rit, Marc arrive, il est soulagé mais pas content qu’on (je) ne l’ai pas attendu.

Jan arrive, il veut s’assoir avec nous, on se serre, je me fais prendre en sandwich, je suis bien élevée, je ne me plains pas.

Je vais pisser, je reviens, je n’ai plus de place.

Marc dit que rester debout c’est faire du sport, Rachel décide de faire du sport et me cède sa place.

Marc fait croire à Jan que j’ai 38 ans, Jan trouve que je suis bien conservée.

Je touche les seins des mecs pour voir s’ils sont plus gros que les miens, je trouve que non, Jan trouve qu’il faudrait qu’il touche mes seins pour me donner son point de vue sur la question. Je décline poliment sa proposition.

Jan me donne un cours de Suisse Allemand et m’apprends à dire Rourchi chéli, ou un truc comme ça (c’est dur à orthographier mais ça veut dire « petite étagère »).

On donne un cours de Français à Dominique, on lui apprend les subtilités de notre belle langue:

Putain, merde, fait chier, bonnasse, chaudasse.

Et aussi Prrrr (c’est dur à orthographier mais ça veut dire « je ne sais pas »).

Soudain la situation devient troublante, inquiétante, c’est alors que surgit de l’ombre, tapis, Translator Man, un super héros qui a le pouvoir incroyable de traduire tout du Français vers l’Allemand et inversement proportionnel.

Jan me dit qu’il aime mon body mais qu’il ne peut pas bien le dire en Français, Translator Man vole à son secours et me dit que Jan aime mon body, son super pouvoir fait toute la différence, ouf! Merci Translator Man.

On boit des bières, Florian renverse la sienne, Dominique avec la dextérité du puma parvient à s’extirper de la table pour ne pas tâcher son pantalon qui vaut le prix de toute la garde-robe de Florian (sur les 10 dernières années). Par contre ma doudoune, qui vaut ½ salaire moyen français, soit l’équivalent d’une bière en Suisse n’est pas épargnée.

Je retourne pisser, je croise Hot-boss et sa bande qui essayent un travel pussy. J’ai envie de dire à Hot-Boss que je veux bien être son travel pussy, office pussy ou wherever pussy, j’ai un sursaut de dignité, je ferme ma gueule.

Je retourne à table, Marc est en train d’expliquer qu’il aime bien les gros mamelons.

Une table plus loin, les Suisses Allemands ont des conversations beaucoup plus classes, ils débattent sur la véracité ou non des seins de la fée verte. Hot-Boss dit que c’est des faux, il a l’air d’en connaître un rayon en seins de fée verte.

L’absinthe nous pousse à nous livrer, on pose nos vies sur la table : Jan a un talent caché, il dessine…

Marc, lui  a une technique de folie pour emballer, basée sur le grignotage d’oreille et le caressage de torse (le sien)…

Florian, lui… Bah c’est Translator man… à ce niveau c’est même plus un talent mais un super pouvoir !

Les romands décident de rentrer, mon body et moi on décide de les suivre.

En chemin vers la gare, nous nous faisons arrêter par la police, nous sommes de terribles délinquants de la route, nous avons traversé alors que le bonhomme était rouge !

En Suisse, il s’agit d’un crime passible de 15 ans de prison ferme ! (Par contre on peut voler des trucs ou tuer des gens, ça c’est bon).

Florian parlemente  en Suisse allemand avec le policier vénère, je voudrais bien l’aider mais je suis pas sûr qu’on ait besoin d’une petite étagère dans ce contexte…

Fin de la soirée, je rentre chez moi et je réalise que ma vie en Suisse, c’est un peu comme une NDE (Near Death Experience), quand je vais retourner dans le monde réel (en France) et raconter ça, personne ne me croira…

* On peut boire l’absinthe non sucrée, sucrée ou très sucrée. En allemand nicht süss, süss ou dopple süss.

<3

La ville dans laquelle se déroule mon second roman est un lieu historique et magique (comme disent les suisses). C’est aussi la deuxième ville la plus visitée par les touristes en France. Pour moi, c’est une ville coup de cœur, de ces lieux auxquels on se sent instinctivement appartenir, ému et séduit au détour de chaque ruelle pavée, conquis lorsque bruissent les accents méridionaux.

parapluies

Censure et auto-censure, à qui profite le crime ?

En pleine écriture de mon second roman, la question de l’auto-censure est en ce moment, pour moi, un thème récurrent.

Pourquoi ? Pour faire plaisir à qui ? Par peur de quoi ? Intimement lié aux questions de pudeur, de limite et de confiance en soi, voilà un thème qui en dit long sur notre propre subconscient !

C’est pourquoi j’ai choisi d’animer mon tout premier atelier d’écriture sur ce thème.

Il se déroulera le samedi 22 octobre de 14h30 à 16h30 à la librairie Payot de Montreux.

Alors, vous venez avec moi vous faire des nœuds au cerveau et au stylo ?

Il n’y a que 6 places disponibles, alors dépêchez-vous de m’envoyer un e-mail à prune.ecrivain@gmail.com !

À très vite !